Violinne

Emil Cioran



« N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi. »
« Espérer, c’est démentir l’avenir. »
« Nous sommes tous des farceurs : nous survivons à nos problèmes. »
« Celui qui a vécu jusqu’au bout l’orgueil de la solitude n’a plus qu’un rival : Dieu. »
« L’on ne peut goûter à la saveur des jours que si l’on se dérobe à l’obligation d’avoir un destin. »
« On ne devrait écrire des livres que pour y dire des choses qu'on n'oserait confier à personne. »
« Si l'on pouvait se voir avec les yeux des autres, on disparaîtrait sur-le-champ. »
« L'interminable est la spécialité des indécis. »
« Depuis deux mille ans, Jésus se venge sur nous de n'être pas mort sur un canapé. »
« Ce qui n'est pas déchirant est superflu, en musique tout au moins. »
« La lâcheté rend subtil. »
« Au zoo. Toutes ces bêtes ont une tenue décente, hormis les singes. On sent que l'homme n'est pas loin. »
« Je sens que je suis libre mais je sais que je ne le suis pas. »
« Et avec quelle quantité d'illusions ai-je dû naître pour pouvoir en perdre une chaque jour ! »
« L'homme libre ne s'embarrasse de rien, même pas de l'honneur. »
« On n’habite pas un pays, on habite une langue. Une patrie, c’est cela et rien d’autre. »
« Des opinions, oui ; des convictions, non. Tel est le point de départ de la fierté intellectuelle. »
« Objection contre la science : ce monde ne mérite pas d'être connu. »
« La solitude est l'aphrodisiaque de l'esprit, comme la conversation celui de l'intelligence. »
« Le travail : une malédiction que l'homme a transformée en volupté. »
« L'art d'aimer ? C'est savoir joindre à un tempérament de vampire la discrétion d'une anémone. »
« Dieu a exploité tous nos complexes d'infériorité, en commençant par notre incapacité de croire à notre propre divinité. »
« Expliquer quoi que ce soit par Dieu, c'est céder à une solution de facilité. Dieu n'explique rien, c'est là sa force. »
« Il n'y a qu'un remède au désespoir : c'est la prière - la prière qui peut tout, qui peut même créer Dieu... »
« La vie inspire plus d'effroi que la mort : c'est elle qui est le grand inconnu. »
« Quel dommage que, pour aller à Dieu, il faille passer par la foi ! »
« Les opportunistes ont sauvé les peuples ; les héros les ont ruinés. »
« Le scepticisme est l'élégance de l'anxiété. »
« Quand on sait que tout problème est un faux problème, on est dangereusement près du salut. »
« Ce que je sais à soixante, je le savais aussi bien à vingt. Quarante ans d'un long, d'un superflu travail de vérification... »
« Une civilisation débute par le mythe et finit par le doute. »
« Il n’est guère qu’un signe qui atteste qu’on a tout compris : pleurer sans sujet. »
« L’être idéal ? Un ange dévasté par l’humour. »
« Sur le plan spirituel, toute douleur est une chance ; sur le plan spirituel seulement. »
« Ce n’est pas la peine de se tuer puisqu’on se tue toujours trop tard. »
« L'espoir est une vertu d'esclaves. »
« Je donnerais tous les paysages du monde pour celui de mon enfance. »
« Mes doutes, je les ai acquis péniblement ; mes déceptions, comme si elles m'attendaient depuis toujours, sont venues d'elles même. »
« La solitude n'apprend pas à être seul, mais le seul. »
« On meurt depuis toujours et cependant la mort n'a rien perdu de sa fraîcheur. »
« Entre une gifle et une indélicatesse, on supporte toujours mieux la gifle. »
« Dans les épreuves cruciales, la cigarette nous est d'une aide plus efficace que les évangiles. »
« La pâleur montre jusqu'où le corps peut comprendre l'âme. »
« L'homme accepte la mort, mais non l'heure de sa mort. Mourir n'importe quand, sauf quand il faut que l'on meure. »
« La Création fut le premier acte de sabotage. »
« Toutes les rancunes viennent de ce que, restés au-dessous de nous-mêmes, nous n'avons pu nous rejoindre. Cela, nous le pardonnons jamais aux autres. »
« Le français : idiome idéal pour traduire délicatement des sentiments équivoques. »
« On cesse d'être jeune au moment où l'on ne choisit plus ses ennemis, où l'on se contente de ceux qu'on a sous la main. »
« Méfiez-vous de ceux qui tournent le dos à l'amour, à l'ambition, à la société. Ils se vengent d'y avoir renoncé. »
« Le secret de mon adaptation à la vie? - J'ai changé de désespoir comme de chemise. »
« N'est profond, n'est véritable que ce que l'on cache. D'où la force des sentiments vils.

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