Violinne

Gloire des neiges


Quand les portes ferment aux yeux des lointains perdus au large des côtes,
Toutes les nuits me retrouvent enfermée dans un millier de serrures,
Je parle jusqu'à l'aube, avec l'autre moi, que j'accote,
Et je cache mes profondeurs solitaires des regards indiscrets des jours.

Je retourne dans la maison que seuls, les souvenirs habitent,
En entendent le rire sinistre du silence, entre sarcasme et pitié,
Je me perds dans les salles des mémoires que les vieux tempêtes abritent,
En m'empêchant, aux coins, de quelques crânes, châtiés.

Je retrouve tous ces poèmes où je t'ai aimé dans toutes les couleurs,
Il y a trop de jaune, de rouge, de bleu, trop de beige,
Et il y a un éclat de lumière qui me crie, accusateur:
Arrête, ferme cet arc en ciel, tu es née pour la gloire des neiges!

Alors, mon rêve se remplit des neiges qui tombent sur ton visage
Que je réécris des souvenirs perdus dans d'autres horizons,
Les couleurs migrent dans l'éternel automne, vers la rouille qui l'ancrage,
Les charnières grinçantes du temps s'enfuient, dans le silence et l'abandon.

Quelqu'un, qui mesure mes mots et mes silences, ferme après moi toutes les portes,
Une côté de moi qui était vouée à être toi, brûle, affolante,
En mutilant le sable, mon corps redevient une pierre accorte,
Et derrière, toute l'immensité reste inerte, impuissante…


Gloire des neiges
(Violinne: vieux moulin, l'encre de chine)



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