Violinne

L’ombre


Parfois, je la sens comme une vague présence,
Une ombre qui me suit comme une flamme,
Mais hier je l’ai vu, dans le crépuscule, immense,
Et j’ai compris : c’était l’ombre de mon âme…

Elle feuilletait mes livres, elle rêvait mes amours,
Elle était bleue, sereine, souriante,
Quelques torches allumaient ses chemins d’alentour,
Sur lesquels, ses contours coulaient, frémissantes.

J’étais fatiguée, l’espoir était mort,
Le mal de tout le monde m’accablait,
Et tandis que le noir installait son ressort,
Seule, en désert, mon ombre cheminait...

Je l’ai demandé quoi faire dans ce monde infâme,
Quel est mon chemin, à quoi bon,
Vivre comme l’ombre de l’ombre de mon âme,
Oubliée, pour attendre sur un vieux perron,

Je ne sais pas quoi, dans les trains qui viennent
Et qui partent, vers des gares inconnues,
Avec quelques touristes qui regardent, sans rien
Voir et comprendre, de cet affreux continu?

Quoi faire dans ce monde où le bien va s'abstraire
Comme une vague notion périmée,
La paix est une terre de l’âge glaciaire,
Amor est vieux, et blessé…

Les cœurs sont couverts de neige grise et lourde,
Les vieilles innocences tombent en désespoir,
Et seulement l’argent, la bêtise et la bourde
Sentent encore l’envie de vouloir.

Je lui apportais des épreuves… Gémissante,
J’expliquais… je priais… je criais…
De son bleu, l’ombre de mon âme, me répond, souriante :
La vie est une cage... on n’a pas de clé…

L’ombre
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