Violinne

Le loup


Mon temps, tu cours, jamais fatigué,
Me suivant comme un loup affamé.
Mes pas sont lourds, hésitents, de plus en plus petits,
Tu me poursuis, mon temps, encore grandi.

Je trébuche, je m’empêche, fatiguée, et je tombe.
Comme un loup, tu viens dans la chasse d’une colombe,
Je me traîne encore plus lentement, sans un guide,
Derrière, ton ombre m’accompagne avide.

Avec tes yeux chercheurs impitoyables,
Avec ta faim de bête gourmande coupable,
Sous un ciel qui ressemble avoir été réel,
Peint par un petit enfant, en aquarelle.

Je traîne, les ailes brisées, pourtant,
Je me lève lourdement, en attendant,
Ton souffle comme le vent de miaule,
Et ton stylet qui frappe à mes épaules.

Ô, Loup, arrête la chasse! Un jour viendra
Quand je m’assierai sous un sapin,
Me reposer de tous ces fous chemins,
Et pauvre loup, ni toi n’auras plus existé, sans moi...

Mon temps
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