Violinne

Le printemps

Fantaisie sur la musique de Brahms

Dans ma vie de cellulose,
la révolution des bourgeons vient de commencer.

Dieu sourit à travers les fleurs des arbres,

le vent souffle la partition musicale
sur le portable des branches,

Marié avec l'infini,
Saturne s'est mis la bague.

Mon univers spirituel
est une orgie cosmique
de pétales dispersés.

Le vent emporte le cœur des fleurs,
la Terre est le berceau des couleurs,
l'arbre recueille la mémoire collective des feuilles.

Les cinq sens sortent sans défense
de la logique des choses simples.

Mon pays est cette pensée,
mon abîme est un asile pour des papillons.

Je me cache parmi les pensées comme le soleil dans les ombres,
Comme dans la rosée, les étoiles filantes.

Échappant d'un cercle effondré,
Le printemps devient une manière de vivre.

Une jonquille blanche tire toutes les ficelles de l'Univers
dans ce paysage où
l'amour est la forme prédominante du soulagement,

et les tempêtes solaires ne font pas peur
à ceux qui vivent dans le soleil.

Défiant la loi de l'attraction universelle
sur le fond gris des mémoires
la constance de la pierre brise les chaînes,

la gloire du matin est pendue à un crochet de la lune
flottante parmi les lys d’eau
éclairant de l'intérieur,

L'infini sort du lit de la pensée,
Des ombres se fondent dans les roues du temps,

Des fleurs blanches, confuses, se réveillent sur les branches
comme un caprice de la nature,

Leur parfum explore des pays lointains,

L'espace cosmique trompe la pureté de la tige fragile
où augmentent les mots éthérés

en divines scintillations,

La voûte lourde des pensées repose sur des branches
comme sur les touches d'un ancien piano,

et un violon se croit cerisier en fleurs,
dans ma vie de cellulose.

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