Violinne

ecce homo


Je suis un principe sélectif qui prend ma partie, tandis qu'autour, tout s'effondre. Je suis toujours dans ma propre société, au milieu des hommes, des livres, des paysages, j'apprécie, je m'abandonne, je fais confiance. Je réagis lentement face aux provocations, avec la lenteur d'une longue prudence et d'une fierté assumée - j'examine le stimule qui s'approche sans lui ouvrir la porte. Je ne crois ni en infortune, ni en faute, je sais oublier et tout tourner à mon avantage, je suis assez puissant. J'ai dans mon sang le sens de la distance. Je pense que le plus grossièr mot et la plus ordinaire lettre sont plus doux que le silence. Ceux qui se taisent manquent de délicatesse et de la politesse du coeur: le silence montre toujours un mauvais caractère. Et rien ne blesse plus que de laisser sentir la distance.

Si la lutte, l'agression tient de la force, la vengeance tient de la faiblesse.

Ma pratique de guerre a quatre points: 1- j'attaque seulement les adversaires victorieux: il faut attaquer seulement les ennemis de meme taille, on ne peut pas porter une guerre quand on commande, contre ceux qu'on méprise ou on pense que c'est sous sa valeur; 2- j'attaque là où je ne peux pas trouver des alliés, pour ne pas compromettre les autres; 3- je n'attaque jamais les gens, seulement leurs défauts; 4- j'attaque justement quand quelconque différend personnel est exclu, car mon attaque est une preuve de bonne volonté: c'est un honneur pour celui attaqué, car je lie mon nom de lui, je le considere mon égale.

J'ai une sensibilité effrayante, je sens les abimes de chaque âme, ses mystères ou sa saleté cachée dans l'abîme des caractères, couverte par la placage de l'éducation. Dans une atmosphere impure, mon existence s'arrête. Mon humanité est un continu perfection. Zarathustra est un hymne à la solitude et à la pureté.

Dans le cas d'un échec, on perd la perspective corecte de ce qu'on a fait.

Je ne me rappelle pas me forcer, dans ma vie il n'y a aucune trace de lutte. Je suis le contraire d'une nature héroique. Vouloir quelque chose, poursuivre un but, la réalisation d'un désir - tout cela je ne connais pas par ma propre expérience. je regarde vers mon avenir comme vers une mer tranquille, sans aucun desir. Je ne veux pas devenir un autre, ou que les choses changent... j'ai vit comme ça... Pas d'honneurs, pas d'amour, pas d'argent... J'en ai eu, quand meme.

Dans aucun moment de ma vie je n'ai pas eu une atitude arogante ou pathètique ou une trace de fanatisme. Le pathos de l'atitude ne fait pas partie de la grandeur et celui qui a besoin des atitudes est faux... La moindre contrainte, un visage sombre, une note dure de language sont tous des objections contre l'humain et contre son oeuvre. Il n'est pas permis d'avoir des nerfs. Aussi, souffrir de solitude est interdit. J'ai souffert toujours justement quand j'etais avec les autres.

De l'age de sept ans j'ai su que jamais un mot humain ne pourra me faire mal. Aujourd'hui j'ai la meme bonne volonté pour qui que ce soit, je suis plein d'attention pour les humbles; en tout cela il n'y a pas une trace d'orgueil, de mépris dissimulé.

Je suis une chose, mes livres sont autre chose.

Personne ne peut pas comprendre dès livres plus qu'il savait déjà.

Celui qui a cru qu'il a compris quelques chose de moi, en effet il a construit mon portrait selon son imagination et souvent un portrait qui ne me ressemblait pas. Je dois reconnaitre que je préfère ceux qui ne me lisent pas, qui n'ont pas entendu de mon nom ou du mot philosophique...

Je suis un homme réussit, j'impressionne agréablement les sens, d'une seule pièce, je devine le traitement contre les blessures pour l'utiliser en mon avantage: ce qui ne tue pas, fortifie.

C'est pourquoi j'aprécie de plus ce qui ne réussit pas.

Quand on veut s'echapper d'une grande douleur, on a besoin de haschisch. Moi, j'ai besoin de Wagner. J'ai souffert plus que les gens de ce siècle, tous ensemble, je descends des hauteurs où aucun oiseau n'est jamais monté, je connais des abimes où personne ne s'est pas encore égaré.

Le génie du coeur, celui qui fait se taire tout ce qui est vaniteux, qui aplanit les âmes rugueuses pour sentir un nouveau désir, qui peut découvrir le trésor caché sous la glace opaque, le génie du coeur dont l'attouchement rend les gens plus riches en soi-meme, plus incertains, peut-être, plus doux, plus fragiles, plus cassés mais pleins d'esperances sans nom, d'une nouvelle volonté et aspiration, d'une nouvelle insatisfaction et d'abandon, dans l'eternelle joie d'être soi-même, au-delà de peur et de pitié.

Humain, trop humain - c'est regagner la liberté d'esprit contre l'idéalisme etrange.

Un royaume pour un mot intelligent.

Ce qui a marqué la fin de l'oubli de ma propre identité a été la maladie. Elle m'a rendu libre et m'a donné le droit de changer mes habitudes, d'attendre, de penser...

Zarathustra est la grande santé, l'idée de l'éternel retour vers le pays jamais trouvé, au-delà des coins des idéaux, un pays riche en beauté, étrange, effrayant et divin, l'immense faim d'une vision, un nouveau idéal, étrange et séduisant, riche en perils, auxquels on ne veut convertir personne, idéal d'une âme qui joue naïve, d'un plus de puissance et de son accomplissement, l'idéal d'une bonne volonté humaine-surhumaine, toute differente de la solemnité de la morale habituelle...

La verité de tous les mots de l'ame... être mort de l'immortalité, danser, errer dans les montagnes où très rares m'accompagnent, dans les montagnes de plus en plus hautes.

C'est ma solitude d'être lumière
de toujours absorber les flammes de moi-même,
Mon bonheur de donner est mort par toujours donner,
Tout soleil porte à sa lumière le silence de la solitude.
C'est la nuit,
Et je suis lumière...

Au-delà du bien et du mal, c'est la grande guerre de la décision.

Toi, qui, avec épée flamboyante,
a brisé la glace de mon âme...

ecce homo


Nitzsche

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